Le mardi 1er avril 2025, Anne Désirée Ouloto, ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration, a reçu à son cabinet d'Abidjan Plateau plusieurs syndicats d'enseignants. Cette rencontre, marquée par un climat d’écoute et d’échange, a permis à ces syndicats d'exprimer leur refus d'adhérer à l'appel à la grève lancé par David Bli Blé, porte-parole de l'IS-MENA, pour les 3 et 4 avril 2025.
Ces organisations syndicales, soucieuses de préserver un dialogue constructif avec les autorités, ont sollicité cette audience pour marquer leur désaccord avec cette mobilisation. Elles rappellent que les acquis obtenus en faveur des fonctionnaires ont toujours été le fruit de négociations et de discussions responsables, et non de mouvements de grève.

Désireux d’éviter toute confrontation, plusieurs syndicats ont choisi de ne pas suivre l'appel à la grève initié par M. Bli Blé. Ils estiment que la voie du dialogue demeure la meilleure méthode pour faire valoir leurs revendications. Leur détermination à privilégier la concertation a été affirmée par M. Ekoun Kouassi, Secrétaire Général du SYNESCI, qui a réaffirmé leur confiance envers le Gouvernement et la ministre d’État.
En retour, Anne Désirée Ouloto a salué leur esprit de responsabilité et rappelé les efforts du Président de la République et du Gouvernement pour l'amélioration des conditions de vie des fonctionnaires. Elle a mis en avant les avancées obtenues dans le cadre de la deuxième trêve sociale signée en août 2022, notamment la prime ADO, l’indemnisation au logement pour tous les fonctionnaires, la revalorisation de la prime de transport et l'augmentation de l'allocation familiale de 2 500 à 5 000 francs CFA.

La ministre a insisté sur le fait que ces progrès ont été obtenus par le dialogue et non par des grèves. Elle a exhorté toutes les parties à poursuivre cette dynamique de discussions en vue de parvenir à des accords profitables aux fonctionnaires et à la stabilité sociale du pays.
Dans une déclaration commune à la presse, les syndicats présents ont également pointé du doigt certaines incohérences dans la démarche de l'IS-MENA et de son porte-parole, Bli Blé. Ils rappellent que les discussions sur les primes sont toujours en cours au sein d'un comité d'experts et jugent précipitée la décision de Bli Blé de lancer une grève.
Le dialogue entre le Gouvernement et les syndicats n'a jamais été interrompu. Une rencontre tenue le 28 mars 2025 entre la ministre d’État et les syndicats signataires du préavis de grève avait conclu à la poursuite des discussions et à l’attente des recommandations des experts avant toute action. D'ailleurs, ce compte rendu avait été validé par Bli Blé lui-même, qui s'était engagé à informer sa base et à revenir vers la ministre. Toutefois, au lieu de respecter cet engagement, il a préféré annoncer une grève via les réseaux sociaux, avec une possible reconduction du mouvement.
Cette posture suscite des interrogations quant aux motivations réelles de Bli Blé. Cette grève, ne respectant pas les dispositions de la loi N° 92-571 du 11 septembre 1992 sur les modalités de grève dans les services publics, relève-t-elle d’une revendication syndicale ou d’un enjeu politique ? Quelle est l’urgence d'une telle mobilisation en pleine période de concertation ?
Par ailleurs, il est à noter que Bli Blé David a officiellement fait valoir ses droits à la retraite depuis le 31 décembre 2024. De ce fait, il ne peut légitimement représenter un syndicat de fonctionnaires en activité.
Cette situation met en évidence les divergences internes au sein du mouvement syndical et la volonté d'une majorité d'enseignants de préserver un dialogue constructif avec les autorités.
La rédaction
Grève dans les écoles : plusieurs syndicats prennent leurs distances avec Bli Blé